Rencontre d’échanges et de consolidation autour des thèmes de droits humains, droits des femmes, égalité hommes et femmes et approche genre

DESCRIPTIF

Les 15 organisations de la société civile (OSC) bénéficiaires du programme d’Appui de l’Union européenne à la mise en œuvre du Plan Gouvernemental pour l’Egalité (PGE) « ICRAM » 2012-2016 ont été réunies à l’occasion d’un atelier d’échanges sur les thèmes des droits humains, droits des femmes, égalité hommes et femmes et approche genre, les 16 et 17 décembre 2016 à Rabat. L’atelier a été organisé par le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social (MSFFDS) et l’Agence de Développement Social (ADS) avec le financement de l’UE dans le cadre du cycle de rencontres de renforcement des capacités des OSCs subventionnées.

Les 15 organisations de la société civile (OSC) bénéficiaires de subventions -d’un montant total de 22,3 millions de dirhams - dans le cadre du programme d’appui de l’Union européenne à la mise en œuvre du Programme Gouvernemental pour l’égalité 2012-2016 « ICRAM », signé le 2 juillet 2012 entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne, ont participé les 16 et 17 décembre 2016 à la rencontre d’échanges et de partages autour des thèmes de droits humains, droits des femmes, égalité hommes femmes et approche genre : Quelle relation ? Quelles articulations ?

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du plan d’action de renforcement des capacités fondé sur le genre élaboré de manière participative avec les 15 OSC partenaires du programme. Celui-ci s’articule autour de 3 axes complémentaires : la mise en place d’une plateforme collaborative (espace d’échange et de partage en ligne), un accompagnement/coaching organisationnel spécifique et la création d’espaces d’échanges et de questionnements sous forme de séminaires ou ateliers dont les thématiques ont été identifiées par les associations subventionnées (droits humains, approche genre, budgétisation sensible au genre, …).

L’atelier d’échanges a eu pour objectifs de permettre aux représentant(e)s des 15 associations réparties sur l’ensemble du territoire national :

 d’acquérir une connaissance de base sur le système normatif des droits humains et des droits des femmes, articulée avec l’approche basée sur les droits humains (ADH) appliquée aux politiques publiques et aux programmes de développement, ainsi que les concepts fondamentaux ;

 de s’initier à la mise en relation/articulation étroite entre les droits humains et l’égalité de genre et pouvoir opérer cette articulation dans sa pratique managerielle, décisionnelle et dans la conduite d’ activités, projets et programmes ;

 de prendre conscience concrètement des écarts entre leur pratique et le cadre référentiel partagé.

La rencontre du 16 et 17 décembre 2016 qui a été organisée par le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social et l’Agence de Développement Social -avec l’appui technique et financier de l’Assistance Technique du Programme d’appui de l’Union européenne- s’est articulée autour d’interventions thématiques et d’exercices pratiques ayant pour finalité de mieux appréhender les principes des droits humains et des droits des femmes et leur mise en œuvre effective.

En ouverture de ces deux journées, Madame Bassima HAKKAOUI, Ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social (MSFFDS), a adressé un message aux participant(e)s lu par Madame Fatima BARKAN, Directrice de la Femme, dans lequel Madame la Ministre a souligné que la célébration de la journée internationale des droits humains, le 10 décembre, est une occasion d’évaluer les acquis dans le domaine de la promotion des droits des femmes, dans une perspective optimiste, aspirant à un environnement social et culturel plus favorable à l’atteinte de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Elle a également rappelé les efforts investis pour davantage d’intégration transversale de l’égalité et l’approche genre dans les politiques publiques ainsi que dans les programmes de développement. L’égalité effective passe également par la prise en compte de l’approche genre dans les structures et les organisations.

Enfin, elle a précisé la volonté du Maroc de mettre en place le Plan Gouvernemental pour l’Egalité numéro 2 « ICRAM2 » faisant suite au Plan Gouvernemental pour l’Egalité 2012-2016 qui s’achève, selon une approche participative qui réunira de multiples acteurs – gouvernement, associations de la société civile, secteur privé et acteurs régionaux – avec leur implication à son élaboration, sa mise en œuvre et son suivi.

En conclusion, s’adressant aux représentant-e-s des associations participantes, Madame la Ministre a rappelé leur rôle, en tant que partenaire, dans la concrétisation de l’égalité sous le prisme des droits humains et de l’approche genre. Pour terminer Madame la Ministre a réitéré son remerciement à l’UE pour son appui.

Pour la Délégation de l’Union européenne au Maroc, Monsieur Raul DE LUZENBERGER - Chef adjoint de la Délégation de l’Union européenne - a souligné l’opportunité de ces rencontres et occasions d’échanges.

Il a également souligné que le Maroc a fait de l’égalité entre les hommes et les femmes une question centrale de sa stratégie de promotion et de protection des droits humains, ainsi qu’un levier important dans sa vision d’un développement humain, durable et inclusif.

Enfin, il a précisé l’existence d’un mouvement de femmes puissant et diversifié qui a joué un rôle central dans les transformations qu’a connues le Maroc dans le domaine et qui tient lieu de modèle pour de nombreux pays de la région et d’ailleurs.

Pour finir, il a rappelé que de nombreux défis persistent pour la mise en œuvre de ces engagements. C'est pourquoi le partenariat Maroc-Union européenne comprend un appui de plus de 500 millions de dirhams au Plan Gouvernemental pour l'Egalité (PGE) pour lequel les acteurs non étatiques, dans leur diversité, ont un rôle clé à jouer.

La première partie de cette rencontre a été consacrée à trois thématiques introductives, présentées respectivement par le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social, la Délégation Interministérielle aux Droits de l’Homme et l’’Agence de Développement Social :

Le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social (MSFFDS) a présenté l’aspect des Droits humains, droits des femmes et égalité hommes/femmes, le tout abordé sous l’angle du cadre normatif. Une intervention axée sur les grands moments ayant marqué l’histoire du cadre normatif des droits humains ainsi que les grandes évolutions qui ont marqué les droits des femmes à travers les instruments internationaux : la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes à partir de 1981 et la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes à partir de 1993.

La Délégation Interministérielle aux Droits de l’Homme (DIDH), représentée par M. Abdelaziz Karraky – Directeur de la coordination et de la promotion des droits de l’homme - a développé l’approche basée sur les droits humains (ABDH) et a défini les concepts fondamentaux et les principes de sa mise en œuvre. L’approche fondée sur les droits humains, tels qu'ils sont universellement reconnus, représente un cadre conceptuel et normatif visant à concrétiser et protéger ces droits à travers les politiques publiques et les programmes de développement. Elle permet également de corriger les pratiques discriminatoires et de lutter contre les inégalités qui gênent un développement global bénéficiant aux hommes et femmes de façon équitable au sein des catégories des plus vulnérables. Une vision qui considère, notamment, l’approche basée sur les besoins comme insuffisante à la consécration des droits humains.

L’Agence de Développement Social – ADS a explicité les articulations entre l’approche genre et l’approche basée sur les droits humains. Cette intervention a complété et enrichi les deux précédentes en y associant l’égalité entre les femmes et les hommes et la non-discrimination comme le pivot de l’Approche basée sur les Droits Humains (ADH).

De ce point de vue, l’ADH et l’approche genre s’articulent, s’alimentent et s’enrichissent mutuellement puisqu’elles puisent dans le même référentiel : celui des droits humains. De cette dynamique de réflexion commune et de partage, consolidée par des exercices de mise en pratique à travers l’analyse de problématiques sociétales selon les approches genre et droits humains - l’accès des femmes à la justice et la violence basée sur le genre - on peut retenir quelques constats des associations partenaires qui, grâce à leur connaissance du terrain, appréhendent ces thématiques sous des angles différents.

Ainsi pour ce qui est, par exemple, du droit d’accès des femmes à la justice, les participant(e)s ont témoigné des nombreux obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à ce droit : obstacles socio-économiques et culturels, difficultés à obtenir une assistance juridique, incidence de certains textes de loi discriminatoires, etc. Les stéréotypes de genre demeurent l’obstacle majeur et le plus courant ; lorsqu’un-e professionnel-le de la justice se laisse guider et influencer par ses perceptions et ses croyances propres à la place d’une lecture fondée sur les droits humains, l’avis formulé peut être discriminant vis-à-vis des femmes.

Les différentes interventions et exercices pratiques ont donné lieu à des échanges riches et intéressants qui ont permis à l’ensemble des associations partenaires de mieux appréhender les sujets et thématiques présentés.